Comment je ne gère pas mes angoisses en confinement
Humeurs,  Vécu

Comment je ne gère pas mes angoisses en confinement


Je vous avais déjà écrit un article sur ma longue carrière de flippée chronique. Donc vous savez peut-être que la zénitude et moi ça fait mille ! Alors, comment je ne gère pas mes angoisses en confinement ?

( Très instructif non ? 🤪)

En cette période totalement anxiogène, j’avais envie de vous donner mon ressenti lorsque l’on est de base une complète inadaptée de la vie. ( À prendre au 10ème degrés, au cas où certains se demanderaient 🤓)

Depuis un mois, je suis confinée ( Oui, j’ai commencé un peu en avance) et cette situation commence littéralement à me taper sur les nerfs. Comme la plupart de ceux qui respectent scrupuleusement le confinement, je suppose.

Comprenez par là que je n’ai plus vu âmes qui vivent en dehors des habitants de ma maison. Mon mari sort une fois par semaine pour les courses, et nous, ben on ne sort pas du tout ! Vais-je me souvenir comment on conduit une voiture ? ( Ça y est, je délire déjà ! )

Je vous préviens, vous ne trouverez rien de révolutionnaire dans mes écrits. Je vous parle franchement et sans filtre. Parce que si vous souhaitez des conseils avisés, je vous renvoie vers des spécialistes qui sauront vous conseiller bien mieux que moi. 

Sans plus attendre, voici comment je ne gère pas (vraiment) mes angoisses en ce moment. Ou plus précisément, comment je suis en train de devenir encore plus barrée que d’habitude ! 

Comment je ne gère pas mes angoisses en confinement

1- Je suis encore plus maniaque qu’avant.


J’ai développé des tocs de ménage encore plus importants que ma maniaquerie maladive. L’aspirateur est devenu mon nouveau meilleur ami ( C’est tout juste si je ne lui fais pas la conversation !) 

Je l’utilise à peu près toute la journée, entre deux cours donnés à ma fille. 

Je traque la poussière, les miettes, les poils de chiens et de chats à longueur de journée. C’est bien simple, je ne supporte plus de voir quoi que ce soit qui ressemble de près ou de loin à une poussière autour de moi.

En résumé, j’étais déjà complètement atteinte donc d’ici quelques jours, je suis bonne pour l’asile ! Il y a une exacerbation des manies préexistantes en fait.

Je fais cette activité très constructive avec la musique à fond dans mon casque. Finalement, je fais du sport car j’ai pas mal de surface à nettoyer. 

Le problème, c’est que sur le moment, ça me défoule, mais l’effet ne dure pas. Et puis, c’est complètement stupide car ma maison n’est plus du tout sale au bout d’un moment. En revanche, si un jour je vous dis que je me suis mise à cuisiner à en perdre la raison, cela voudra dire que je l’ai vraiment perdue. À ce moment là, prévenez les secours, cela serait la fin du peu de santé mentale qu’il me reste 🤪 (Je déteste la cuisine et elle me le rend bien 🙈)

Bref, c’est le premier effet de ce confinement sur mes angoisses. Mais il y en a d’autres ! 


2- Je révise à fond mes conjugaisons ! 


Je lexomile, tu tachychardes, elle débloque, vous fumez, nous divorçons, ils me tapent sur les nerfs 🥳

Vous l’aurez compris, je révise à fond mes conjugaisons ! 

J’enfile quotidiennement un petit cocktail de lexomil option clopes sur la terrasse, le tout aromatisé au café.

La promiscuité devient pesante, plus personne ne se supporte vraiment, surtout le matin ! 

Je n’ai aucune technique particulière à vous donner si ce n’est: ne vous adressez plus la parole tant que l’envie de vous étriper ne vous est pas passée ! 

Avec mon mari, on divorce à peu près tous les matins 😅 Allez savoir pourquoi le matin… Je suppose que c’est le moment où on réalise qu’on est bel et bien coincé là pour encore un trop long moment.

Une fois le café avalé, on se remarie ou on s’ignore jusqu’au soir, ça dépend.

Ah, et ne venez pas me faire croire que vous autres, couples confinés en télétravail, vous êtes en pleine lune de miel. Sauf si vous êtes effectivement en lune de miel 🙃 ( Dans ce cas, bonne chance pour la suite 🤓)

Comment je ne gère pas mes angoisses en confinement

3- Je ne peux plus voir ma maison en peinture ! 


À force d’être à l’intérieur, je vous assure que j’envisage de mettre le feu à la baraque tellement elle me sort par les yeux ! 

J’ai bien soumis l’idée à mon mari de bouger les meubles mais il n’a pas eu l’air chaud patate ! 

D’un autre côté, ce serait le moment d’expérimenter de nouveaux agencements. Étant entourée de véritables rabats-joies, je ronge mon frein et je continue de nettoyer ! 


4- Si inutile ! 


Alors oui, il y a pire comme problème que de rester enfermé chez soi, on est tous d’accord. On n’est pas là pour se juger d’ailleurs, car chacun gère son « emprisonnement » à sa manière et avec les ressources qu’il possède.

Au bout d’un mois, j’entrevoie les limites des miennes. 

J’ai un immense respect pour les soignants en première ligne de l’épidémie et pour toutes les personnes qui continuent de faire fonctionner le pays. 

Au fond, le problème n’est-il pas de se sentir profondément inutile ? 

On aimerait tellement faire plus et mieux ! Aujourd’hui, la seule manière d’être utile est de rester à la maison. 

Mais cette inaction est pesante quand on se met à trop cogiter. 

Comment je ne gère pas mes angoisses en confinement

4- Je psychote à mort ! 


Je développe donc des symptômes physiques d’angoisse, comme des maux d’estomac hyper violents et flippants, je suffoque, je tachycarde ( encore ), j’étouffe ! Je fume encore plus et j’ai envie de hurler !  C’est grave docteur ? 

Je me surprends à imaginer qu’il va m’arriver un truc du genre une crise cardiaque ou un AVC et qu’on va me laisser mourir dans mon coin vu que les hôpitaux sont surchargés. 

Lorsque je lis que le confinement nous reconnecte à l’essentiel, j’ai comme un léger doute. Perso, cela me déconnecte totalement les neurones et je me fais des scénarios catastrophes desquels je ne sors jamais vivante. 

Le plus drôle étant que je ne meurs jamais du coronavirus dans mon délire. 


5- Alors, on fait quoi finalement ? 


Beaucoup s’amusent de cette situation inédite, et moi la première. 

Aujourd’hui, après quelques nuits d’insomnies, je ris jaune. On ne parle pas assez des répercussions que tout ça peut avoir sur les anxieux. Ce sera un problème à régler une fois la crise passée…

Il est impossible d’allumer notre télé sans voir le décompte des morts quotidiens dans le monde ou dans notre région. On n’ose même pas sortir pour juste faire ses petites courses car ça aussi, cela génère une angoisse supplémentaire. 

Je vous le dis clairement: je suis en train de péter un plomb ! Il n’est pas question de se plaindre mais juste de faire un constat. 

Même en étant hyper casanière, j’ai besoin de sortir de chez moi et surtout de savoir que je peux le faire. Il est là le problème: savoir que l’on ne peut pas sortir nous donne encore plus la sensation d’étouffer. 

On se sent emprisonné, en liberté surveillée et on ne peut rien y faire. Je n’ai même pas vraiment de conseil à vous donner pour améliorer cette situation… Je cherche encore en réalité ! Même le quotidien devient pesant. Mon cerveau divague et n’est plus connecté aux tâches censées être faites habituellement. 

L’essentiel ce sont les contacts humains, les relations sociales mais on n’en n’a plus. On se textote, on s’appelle mais on ne peut pas se voir. 

Je n’ai plus vu mes parents, je ne vois plus que mon mari et mes enfants. 

Bien sûr, certains sont complètement seuls. Mais je vous garantis que si cela dure encore trop longtemps, on ne se supportera plus. On s’engueule pour n’importe quoi mais on ne peut pas aller faire un tour en claquant la porte. On ravale alors sa pseudo colère en essayant de prendre sur soi. 

Ce confinement devient un peu un rite de passage ou de survie pour les couples. On se réconcilie sur l’oreiller à en oublier que la vie n’est la plus la même. 

Ceux qui survivront à ça, survivront à tout, j’en suis convaincue. 

Mon mari ne comprend pas du tout mes angoisses. Il ne les a même jamais comprises car elles sont irrationnelles, impossibles à expliquer. Donc, je l’énerve. Et lui, m’énerve de ne pas me comprendre. Pour autant, il fait son possible pour me rassurer. 

Alors, même enfermés à quatre dans une maison, on se sent bien seul…On avance vers l’inconnu sans savoir combien de temps cela va durer.. 

En attendant, il faut tenter de continuer de faire ce que l’on peut pour penser à autre chose mais c’est difficile. 

En relativisant, il faut bien se dire que nous ne partons pas dans les tranchées. Mais c’est une autre forme de guerre. Une guerre psychologique.

N’est-ce pas encore pire de nous battre contre l’invisible ? Contre nous-même et nos besoins primaires ? Contre tout ce qui a fait de nous des êtres dépendants d’un système que l’on nous enlève du jour au lendemain ? 

Je dois bien admettre que ces dernières semaines ont été vraiment étranges à vivre. N’ayant pas l’habitude d’avoir tout le monde à la maison toute la journée, mon inconscient s’est cru en vacances.

En réalité, j’ai besoin de bouger, de me défouler. Alors autant bouger utile en gardant la maison propre. Car être tous ensemble et dans la pagaille, ce ne serait pas vivable. Évidement, c’est surtout une manière de canaliser mes angoisses.

Au final, je n’ai pas de technique particulière à vous proposer pour éviter de vous laisser submerger par les attaques de panique que cette situation de confinement aggravent. Je peux juste vous dire ce que je fais et qui m’apaise un petit peu:

  • Je nettoie la maison ( ça vous l’avez compris 🙃);
  • J’écoute beaucoup de musique, de préférence à fond;
  • Je regarde autre chose que les infos, c’est à dire des films, des séries ou des vidéos sur YouTube;
  • J’avale mon lexomil; ( Sur prescription médicale, déconnez pas ! )
  • Je joue à la Switch ! ( La régression mentale, c’est la base ! )
  • Je fume trop; ( En vente libre, mais plutôt déconseillé 🙃)
  • Je lis chaque jours le #confinementjour1, 2, 3, etc. sur Twitter. ( Ce qui ne manque pas de me faire bien marrer );
  • Je textote ou appelle mes proches et je m’éloigne un peu des personnes anxiogènes;
  • Je dors beaucoup;
  • Je continue de faire les cours à ma fille;

Comme vous le voyez, rien de bien extraordinaire. Je fais juste comme je peux dans une situation que jamais je n’aurais imaginé vivre un jour.

Cet inconnu fait peur. Est-ce qu’il y aura une fin heureuse ? À en écouter certains, ce n’est que le début de l’apocalypse. D’autres sont bien plus optimistes. 

De mon point de vue, j’ai l’impression que c’est difficile de faire pire qu’un pays quasiment à l’arrêt avec l’ombre d’un virus qui plane au-dessus de nos têtes. 

Pour autant, je suis continuellement angoissée depuis plusieurs jours. Je n’ai pas peur de tomber malade. Je me sens juste prisonnière dans mon quotidien. Un genre d’apothéose de l’enfermement physique et psychologique. 

S'aimer

Il nous reste quoi finalement ? L’amour et l’espoir. Car bien sûr, je plaisante sur notre promiscuité forcée mais on est tous là les uns pour les autres. On se laisse de l’espace, on s’écoute ou on s’isole mais surtout, on s’aime. Je pense que c’est le plus important finalement. 

Et vous, comment se passe votre confinement ? Venez me dire ça en commentaires ou sur ma page Facebook. J’aime lire vos retours 🌟

One Comment

  • theatypicalsblog

    Courage, as-tu déjà essayé les séances d’hypnose de Benjamin Lubsynski sur YT. Chez moi, elles ont fait des miracles avec mon angoisse. J’ai commencé en 2016 et suis devenue une personne beaucoup plus calme. En tout cas, ça fait du bien de lire quelqu’un qui ose dire que le confinement ça craint, même quand on n’est pas à la rue ou maltraité.e

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