dans la peau d'une flippée chronique
Humeurs,  Vécu

Dans la peau d’une flippée chronique


Je parle tout le temps de mes enfants et j’ai longtemps hésité à poster cet article, écrit depuis des semaines. En réalité, tout se rejoignant un peu dans notre histoire, j’ai pensé qu’il était peut-être temps que je me livre un peu plus. Car vivre dans la peau d’une flippée chronique est loin d’être de tout repos, ni pour moi ni pour mon entourage. Peut-être certains se reconnaitront aussi un petit peu.

Après la lecture de cet article, vous risquez de penser que l’on est une famille complètement dysfonctionnelle, composée de personnes plus bizarres les unes que les autres. 

En réalité, je ne pense pas ! 

Nous avons tous un vécu qui nous amène à des situations que l’on ne contrôle pas toujours. La seule chose à retenir, avant tout, est que ce que je raconte, ne nous définit pas. Nous sommes tous heureux de vivre malgré nos âmes parfois cabossées.

Il n’y a pas de pathos chez nous.

On aime vivre et on s’accommode au quotidien de mes angoisses, de mes maux de tête h24, de ma fatigue chronique, des problèmes de Sarah et de la vie en générale. 

Parce qu’au fond, tout le monde a des problèmes. J’avoue que chez nous, on en cumule quelques uns. Et je préfère en rire car c’est le meilleur remède que j’ai pu trouver.

Admettre que l’on est un peu trop fragile, trop sensible, à fleur de peau est certainement la clé de l’acceptation. Et cette acceptation me permet de parfois me surpasser et de tenter de vivre le plus normalement possible dans un contexte pas si normal. 

J’aurais aimé intituler cet article: « comment ne plus faire de crises d’angoisse ».

Mais si j’avais la réponse, je la donnerais de suite; j’avoue ne pas l’avoir encore trouvée. Je vais juste essayer de vous décrire comment est la vie lorsque l’on est enfermé dans ses angoisses; comment on aimerait que les autres réagissent et comment on arrive à les gérer.

Avant cela, on pourrait essayer de décrire ce qu’est une crise d’angoisse ou attaque de panique, afin de mieux savoir de quoi on parle.

Dans la peau d’une flippée chronique

Qu’est-ce qu’une crise d’angoisse?


La crise d’angoisse ( ou attaque de panique ), est un malaise physique caractérisé par une sensation de peur intense. Ce malaise peut être accompagné de multiples symptômes tels que:

  • Douleurs ou sensations de gêne thoracique ou abdominale ; 
  • Palpitations ; 
  • Nausées et vomissements ; 
  • Sensations de vertiges ; 
  • Sensation d’étouffement ou d’étranglement ;
  • Pâleur ;
  • Tremblements ;
  • Tachycardie ;
  • Maux de tête ;
  • Sentiment de peur irraisonnée.

Lors d’une crise d’angoisse, il n’y a pas d’obligation à ressentir tous ces symptômes en même temps. Mais celui qui revient systématiquement, en ce qui me concerne, est la peur, l’angoisse profonde.

Cette peur est bien souvent une peur de mourir car ce que l’on ressent pourrait évoquer un infarctus ou encore un AVC. 

Comment on diagnostique une crise d’angoisse?


Évidemment, inutile de préciser que l’on ne s’auto-diagnostique pas une crise d’angoisse. En effet, les problèmes cardio-vasculaires existent réellement et il ne faut pas non plus passer à côté.

Pour ma part, j’ai subi une batterie d’examens cardiaques, suite à mes malaises, avant que le diagnostic ne soit posé.  Bien qu’ayant eu des malaises très similaires depuis l’âge de 20 ans, arrivée à 45 ans, il vaut mieux être un minimum prudent ( dixit mon psychiatre ).

C’est d’ailleurs comme cela que l’on s’est rendu compte que je souffrais d’une importante hypertension artérielle qui est traitée depuis. 

Comment se déroulent mes crises d’angoisse?


Chez moi, le malaise débute toujours de la même manière: des vertiges suivis d’une tachycardie rendant la respiration compliquée. Le tout accompagné d’une douleur au niveau du thorax, une sensation de gorge serrée et surtout l’impression que je suis en train de mourir. 

Et là, l’angoisse monte.

J’ai beau savoir que je suis en train de faire une énième crise d’angoisse, le sentiment de peur est toujours très intense et presque impossible à contrôler.

N’ayant aucun contrôle sur mon corps à ce moment-là, je prends les médicaments qui m’ont été prescrits. D’autant que je suis réellement persuadée, à cet instant, que je fais au minimum une crise cardiaque et au pire, un AVC ! 

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Pourquoi je fais des crises d’angoisse? Le syndrome anxio-dépressif.


J’ai été diagnostiquée anxio-dépressive il y a plusieurs années par un psychiatre et, mon psychiatre actuel a confirmé le diagnostic.

Peu de monde, jusqu’à aujourd’hui, sait que je suis anxio-dépressive. Je n’en n’ai pas honte mais c’est rarement la première chose que l’on raconte sur soi. Surtout lorsque l’on essaye de donner le change en permanence.

On n’arrive pas quelque part en disant:

Salut, je m’appelle Carmel, je suis anxio-dépressive mais je le vis bien 🤪

( En vrai, je le vis bien vu que j’arrive à en rire et à me moquer de moi-même ! )

Si j’en parle aujourd’hui, c’est surtout dans le but de témoigner et peut-être de rassurer des personnes qui seraient dans mon cas. Parce que je suis toujours en vie après toutes ces années alors c’est bien la preuve que l’on n’en meurt pas. Et j’arrive aussi à m’occuper de mes enfants et à m’amuser alors, tout est quand même possible !

C’est aussi parce que j’en ai marre que certains pensent encore que je n’aime rien faire de mes journées, que je ne vois pas mes amis par flemme ou méchanceté. 

En réalité, je n’y arrive juste pas et je ne sais souvent pas comment me justifier auprès de certaines personnes. Les plus proches savent que je suis juste comme ça. 

L’anxiété fatigue le corps et le besoin de se reposer est bien réel. Ce n’est pas de la flemme. D’ailleurs, lorsque je me sens bien, j’ai des coups de speed et je suis capable de retourner la maison toute entière. 

Quoi qu’il en soit, Je suis traitée pour l’anxiété et les douleurs chroniques depuis des années avec des anti-dépresseurs, des anxiolytiques, des bêtabloquants et de la codéine. 

Les médicaments sont mon quotidien et malgré cela, je continue à faire des malaises et à ne pas savoir comment les gérer.

Mon psychiatre est un peu fataliste sur mon cas car ce syndrome anxio-dépressif est un des pan d’une autre pathologie, la fibryomalgie, qui engendre douleurs et fatigue chroniques.

Je ne rentrerais pas dans le débat des fibro-sceptiques qui pensent que cette maladie ( pourtant reconnue ) n’existe pas. Mais, quand on le vit, on a du mal à l’ignorer. 

Remarquez, il y en a bien qui sont encore persuadés que la Terre est plate alors les justifications sont inutiles dans bien des cas 🙃

Ceux qui lisent mon blog et connaissent un peu mon histoire avec ma fille, feront très vite le rapprochement entre ma situation et ces problèmes d’anxiété. 

Tout s’est réellement amplifié lorsque ma fille a eu trois ans et il n’y a aucun hasard là-dedans. Même si le terrain était plus que favorable vu que j’avais déjà une belle carrière de flippée derrière moi. 

Bref, quand l’esprit n’arrive plus à encaisser, le corps prend le relai en se rebellant à sa manière.

Comment on pourrait décrire ce que l’on ressent en étant angoissée quasi H24?


Il est compliqué d’expliquer réellement à une personne ne connaissant pas l’anxiété comment on peut se sentir au quotidien, à se battre contre nous-même en permanence. 

Je pense que le symptôme le plus handicapant est cette peur qui nous entraîne dans un cheminement de pensées complètement surréalistes lorsque l’on y repense à froid. 

Cette peur paralyse littéralement notre quotidien. 

Ce que j’ai remarqué c’est que je suis incapable de rester seule trop longtemps. La tombée de la nuit est ma pire ennemie. De même que les longs trajets en voiture où je dois conduire. De toutes manières, je n’ai pas vraiment le droit de faire de longs trajets en voiture avec les traitements que je prends. Ou encore les changements de saisons. C’est bête car cela arrive à peu près quatre fois par an alors il serait temps que je m’y fasse ! 

Mais alors, est-ce que j’ai quand même une vie normale?

Dans la peau d’une flippée chronique

On vit normalement en étant une flippée chronique?


Tout dépend de ce que l’on appelle vivre normalement !  

En gros, tout ce qui est simple pour le commun des mortels, devient compliqué pour moi. Passer un coup de fil, prendre des initiatives, être autonome, sortir seule, voir du monde. Enfin, tout ce qui fait que nous avons une vie en dehors de notre lit. Même si je ne passe évidemment pas mes journées au lit. Un peu de tenue tout de même !

Je suis devenue la reine de l’anticipation sur ce que je dois faire et comment je vais le faire.

Car le cercle vicieux est toujours le même: plus on a peur de faire une crise d’angoisse et plus on a de chance d’en faire une! Le truc est de réussir à se dire que non, il ne va rien se passer et au pire, si ça arrive, ce n’est pas bien grave.

Sauf si c’est vraiment un AVC ou un infarctus; auquel cas, je n’y pourrais rien 😃

Je fais autant d’évitements que de prise sur soi. (Pas sûre que ce soit français ce que je dis 😀)

C’est un savant dosage où mon esprit ne se met jamais au repos. J’ai donc un besoin quasi vital d’avoir toujours l’esprit ou le corps occupés à quelque chose. Ce ne sont jamais des activités d’une utilité et d’une intellectualité extraordinaires mais elles ont le mérite de mettre mon processus anxieux sur pause. Du moins, c’est l’impression que cela me donne. En général, je fais le ménage. Et ma maison est bien souvent très propre 😄

Mais, il y a quand même des endroits qui m’apaisent.

Allez savoir pourquoi, l’endroit où j’ai l’impression qu’il ne peut absolument rien m’arriver c’est dans mon lit, au creux de l’épaule de mon mari. Il a ce côté anxiolytique sur mon cerveau, ce côté rassurant même s’il ne comprend pas toujours pourquoi j’angoisse H24 pour tout et n’importe quoi !

La plupart du temps, il a des réactions un peu moqueuses. Même s’il fait preuve d’une très grande patience. 

Il parait que les oiseaux se cachent pour mourir (ou pas), moi je me cache pour angoisser 🙃

J’ai souvent honte et je n’aime pas trop en parler. Mais j’en parle quand même car j’ai besoin d’entendre que tout ira bien, que ce n’est rien.

J’aimerais aussi que l’on me dise:

Je sais que tu ne te sens pas bien, mais ça va passer; respire doucement, je reste près de toi. 

Ok, ça c’est dans les films 😃

Dans la vraie vie, on passe direct pour une barge. Mais ce n’est pas grave car je sais que c’est irrationnel. Sauf que sur le moment, j’aimerais juste être un peu rassurée. 

Finalement, je fais quoi avec mes angoisses?


Je ne fais rien; je les laisse aller et venir au gré de leurs envies de me pourrir la vie. 

Et je continue de fumer, moi la flippée de la crise cardiaque et de l’AVC. ( Comptez combien de fois j’ai écris ces mots 😅)

C’est tout un paradoxe impossible à déverrouiller. (Je vous avais prévenu que cet article ne servirait à rien et ne vous donnerait aucune solution 😀)

Il y a quelques semaines, mon psychiatre m’a juste dit que l’on n’y pouvait rien. ( Enfin, ça je n’en suis pas certaine ! )

En gros, apprends à vivre avec et arrête de nous souler !

C’est exactement ce que je fais depuis des années: vivre avec en prenant mes médocs avant la greffe du foie qui me pend au nez !

Ah, je vous ai pas dit? Je suis aussi hypochondriaque ! Mais on en reparlera surement dans un autre article 😃

Je suis la seule à être une flippée chronique? Cela me rassurerait de savoir que certains sont dans le même cas. Alors venez m’en parler en commentaires ou sur ma page Facebook. On se fera plein de scénarios catastrophes, et on pourra peut-être même en rire !

2 Comments

  • linemourey

    Coucou,

    L’anxiété peut littéralement nous pourrir la vie, c’est vrai. Il est nécessaire de s’appuyer sur ses ressources internes pour pouvoir y faire face (connaitre le fonctionnement des crises d’angoisse, savoir ce qui nous apaise). Est-ce que le diagnostic de TAG a été éliminé ? Quand les troubles sont très envahissant, ça peut être une anxiété généralisé aussi. Mais je ne suis pas psychiatre, juste psycho !

    A bientôt et courage,
    Line de https://la-parenthese-psy.com/non-classe/les-9-symptomes-de-la-depression/

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