Humeurs,  On en parle?

Comment éduquer son enfant


Le prisme des réseaux sociaux nous renvoie un monde fait d’enfants parfaits éduqués par des parents parfaits. Les parents affichent des sourires rayonnants. Ils vantent les mérites de l’éducation positive ou bienveillante où l’enfant est placé au centre de toutes les attentions. Qu’en est-il réellement de ce mode d’éducation? Et surtout, y-a-t-il un manuel de la parfaite éducation, du parent parfait? En définitive, comment éduquer son enfant?

avoir un enfant

C’est quoi l’éducation positive ou bienveillante?


Ce concept d’éducation vise à responsabiliser l’enfant sans le soumettre à l’autorité de l’adulte. Les rapports de force n’existent pas, l’enfant devient l’égal de ses parents.

Il est ici question de bannir toute forme de violences éducatives ordinaires, les VEO. La liste des VEO peut prêter à sourire tant il y a d’évidences mais aussi d’absurdités. ( Je précise que mes propos n’engagent que moi et que je ne donne que mon avis. )
Lorsque l’on place dans la même liste le fait de frapper son enfant avec le fait de simplement le punir s’il a fait une bêtise, je me demande s’il n’y a pas un léger problème. Surtout si l’on part du principe qu’un enfant ne fait pas de caprices mais qu’il exprime ses désirs ou décharge son trop plein d’émotions. Ou encore qu’il ne fait pas de bêtises mais qu’il expérimente.

Prenons au hasard dans cette longue liste le fait de ne pas mentir à son enfant.

Partant de ce principe, les parents refusent de faire croire à leur enfant que le père noël existe; que les cloches de pâques déposent des oeufs en chocolat dans le jardin ou que la petite souris vient récupérer les dents de lait.

Je trouve cela tellement dommage d’enlever cette innocence à l’enfance… Quel adulte peut dire aujourd’hui qu’il est traumatisé parce qu’il a cru au père noël? Personnellement, je n’en connais pas.

J’ai tout de même posé la question à mon fils. Il m’a dit qu’au contraire, il avait de merveilleux souvenirs de l’époque où il pensait qu’un vieux monsieur se baladait en traineau pour distribuer des cadeaux à tous les enfants.
Certains ont tendance à oublier qu’un jeune enfant va grandir. Arrivé à l’âge de comprendre le côté absurde de la situation, il sera apte à entendre que c’est la famille qui lui achète les cadeaux déposés au pied du sapin. Il n’y a franchement rien de traumatisant là-dedans, au contraire, il pourra même finir par en rire avec ses parents.

Pourquoi vouloir à tout prix enlever cette naïveté à l’enfance?

Admettre le côté naïf d’un enfant ne signifie pas le prendre pour un imbécile. C’est peut-être juste lui apprendre à développer son côté rêveur, imaginatif et son esprit critique.

Je comprends que l’on puisse vouloir le meilleur pour son enfant, et je suis la première à le vouloir. Cependant, faut-il considérer qu’un petit enfant soit capable de savoir en permanence ce qui est le mieux pour lui? Surtout, si nous adultes, sommes convaincus qu’il fait fausse route?

Comment éduquer au mieux son enfant?

L’enfant sait-il mieux que nous ce qui est bon pour lui?


Je ne dis pas qu’un enfant est dénué de toute capacité d’analyse mais juste que c’est un enfant. Par définition, un enfant n’est pas encore tout à fait « fini », il est en construction, un adulte en devenir. Il ne peut pas être un électron libre qui décide de tout, tout le temps, il a besoin d’être guidé.

Si on n’impose aucun cadre à son enfant, comment imaginer qu’il va se construire?

Pas d’horaires de coucher car il sait quand il a sommeil, pas d’horaires de repas car il sait quand il a faim, pas de vêtements chauds mis de force en hiver car il sait s’il a froid.

On ne remet pas ses habits à l’enfant lorsqu’il fait 2 degrés car il sait mieux que nous ce dont il a besoin, alors laissons le marcher pieds nus dans la neige! ( J’exagère à peine. )

À quel moment a-t-on pu en arriver là?

Je pense que nous touchons du doigt un point sensible. Oui l’enfant est un être à part entière mais non il ne sait pas mieux que ses parents ce dont il a besoin.

De ce point de vue, je ne peux pas adhérer à l’entièreté de cette théorie que je trouve franchement fumeuse. Surtout quand elle est appliquée à la lettre par des parents enfermés dans ce carcan de règles enlevant toute forme de spontanéité à l’éducation et à la vie de famille.

avoir un enfant

Par exemple, ne pas couper les cheveux de notre cher bambin tant qu’il n’en exprime pas le désir ou le besoin est complètement absurde! S’il a les cheveux dans les yeux, on va le laisser ne rien voir?

Ou encore, accepter de jouer avec lui à trois heures du matin parce qu’il a décidé que c’était le bon moment. Est-ce vraiment une bonne idée si les parents se lèvent à six heures du matin pour aller bosser? Je ne crois pas!

Il y a un temps pour tout dans une journée et la nuit, c’est fait pour dormir. N’en déplaise au besoin impérieux de jouer de notre enfant.

Au passage, dormir permet de grandir. En effet, c’est le moment où le corps sécrète l’hormone de croissance. Mais ce n’est pas grave puisqu’il veut jouer, jouons!

Entre la bienveillance et le laxisme, il n’y a qu’un tout petit pas que beaucoup franchissent sans même s’en rendre compte.

En regardant des vidéos ou en lisant des articles, je me suis rendue compte que ces parents bienveillants rejetaient en bloc cet argument. Mais je me suis surtout aperçue que leurs enfants étaient très jeunes!

Entre bienveillance et laxisme.


Faire penser à son enfant qu’il ne peut être contraint de rien ne peut pas le structurer pour sa vie future en société, à l’école par exemple.

Comment va réagir cet enfant lorsqu’il se rendra compte qu’il ne vit pas dans un monde de Bisounours et qu’il existe aussi des gens méchants dans le monde dans lequel il vit?

Saura t-il seulement faire face à la frustration de ne pas obtenir ce qu’il désire à l’inverse de ce qu’il a appris?
Pire encore, comment va-t-il réagir s’il est confronté à des comportements qu’il ne connait pas? Saura-t-il se défendre ou lui a -t-on appris qu’il devra éduquer à son tour les autres pour leur apprendre la bienveillance? C’est un pur délire utopique là.

éduquer son enfant

Si tout le monde recevait une éducation faite de petits coeurs-coeurs-love, évidemment que cela marcherait. Tout le monde dans le même moule et plus aucun problème de conflits dans la société. Mais ce n’est pas du tout la réalité, pas du tout!

À moins de ne pas le scolariser, de le garder dans cette petite bulle cotonneuse, il ne faut pas croire que la vie sera plus facile pour lui s’il n’a pas connu le simple « NON ».

Le non est la limite que l’enfant doit connaitre, celle qu’il saura ne pas devoir franchir.

Vivre en société, implique des contraintes d’adaptation et de la frustration. On ne peut pas faire n’importe quoi quand on l’a décidé, on s’intègre, on respecte des règles, on n’a pas le choix.

Comment va-t-il savoir s’intégrer?

Il y a des codes de conduites à connaitre et laisser notre enfant penser qu’il est notre égal en toutes circonstances à la maison donc à l’extérieur, ne va pas lui donner les armes pour affronter les situations hostiles qu’il rencontrera fatalement un jour ou l’autre.
Sans sombrer dans l’autoritarisme à outrance, lui montrer que parfois il ne décide pas mais qu’il s’adapte n’en sera que bénéfique.

Imaginer qu’il sera un adulte traumatisé juste parce qu’il a eu des limites imposées, pose question sur le mental des parents.

Et si tout ceci n’était basé que sur l’émotionnel au centre de l’humain, à savoir ici le sentiment de culpabilité du parent qui veut être parfait à tout prix?

éduquer au mieux son enfant

La culpabilisation du parent au centre de l’éducation de l’enfant.


J’ai vraiment du mal avec ces théories toutes faites, ces listes à appliquer à la lettre. Je ne comprends même pas que l’on puisse avoir besoin d’une liste pour élever son enfant.

J’ai d’ailleurs vu sur Instagram des parents coller sur leur frigo la liste des VEO pour être bien certains de ne pas les oublier et de faire tout comme il faut.( Bonjour la spontanéité du concept…) La pierre angulaire de tout ceci repose sur la culpabilisation permanente du parent.

Être un parent parfait dans un monde parfait.

Il ne faut jamais s’énerver, il faut se justifier de tout, tout le temps.

J’avoue n’avoir lu que des articles et regardé quelques vidéos sur le sujet tant je n’arrive pas à me projeter dans ce mode de fonctionnement. Tout n’est pas à jeter, loin de là, mais de la à en faire un mode de vie, il y a un gouffre.

Qui dans la vraie vie a le temps de passer des heures à parlementer avec son enfant? Loin du prisme des réseaux sociaux, qui ne s’énerve jamais ou n’a jamais de sautes d’humeurs? Je serais tentée de dire personne!

Cette éducation est complètement chronophage lorsqu’elle est poussée à l’extrême. Elle me semble totalement incompatible dans une famille composée de plusieurs enfants dont les parents travaillent.

Prenons un exemple concret.

Imaginons une maman avec des jumeaux. Vous croyez qu’elle aura le temps d’expliquer à son nouveau né qu’elle va lui changer sa couche, qu’elle va donc lui toucher ses parties intimes, etc.? Évidemment que non! Elle va juste lui changer la couche et tenter de survivre à la journée qui est en train de s’écouler!

Être parent amène forcément à la culpabilité et c’est normal. La culpabilité de ne pas faire comme il faut; La culpabilité de ne pas être assez présent. Ou encore, la culpabilité de ne pas être assez patient, de ne pas être parfait tout simplement.

Se raccrocher à une ligne de conduite à suivre est certainement très rassurant pour certains. Ainsi, ils ont un mode d’emploi à suivre, ils se rééduquent en même temps qu’ils éduquent leur enfant. Ils ont le sentiment du devoir accompli et assouvissent leur besoin d’être rassurés sur leur capacité à être des parents parfaits.

Mais reprenons cette maman épuisée. Elle s’intéresse à l’éducation et prend le peu de temps qu’elle a pour s’informer un minimum sur la question. Elle va sur le net et tombe fatalement sur des articles à propos de l’éducation bienveillante sans VEO. La pauvre femme aura juste envie de se pendre tant elle se trouvera nulle comme mère. Elle sera dans une culpabilité totale de n’avoir pas fait comme il faut. Elle ne se dira même pas qu’elle a juste fait comme elle pouvait.

Il faut donc être un peu réaliste et arrêter de penser que laisser son enfant à sa place d’enfant, à qui l’on n’est pas obligé de tout expliquer à grands coups de justifications et de théories, va en faire un adulte en souffrance.

Est-il alors possible de considérer que notre enfant est notre égal ou est-il nécessaire de lui imposer des limites sans pour autant le rabaisser?

L’enfant est-il notre égal ou doit-on se positionner au dessus de lui?


Nos enfants ne sont pas nos égaux dans le sens où nous avons le devoir de les éduquer. De ce point de vue, nous nous plaçons forcément dans une hiérarchie où il n’est pas au même niveau que nous.

Ce qui ne signifie pas qu’il n’est pas notre égal sur le plan humain. Là est toute la différence.

Ne pas confondre l’égalité sur le plan humain avec la hiérarchie familiale.

Celle-ci nécessite des règles où l’enfant n’aura pas le droit de décider de tout.

Nous sommes responsables de ce petit être, nous allons être amenés à prendre des décisions pour lui, pour son bien et sans lui demander son avis. ( Sinon, la majorité dès la naissance aurait été instaurée depuis des lustres!)

Pour autant, cela ne signifie pas que nous le maltraitons, que nous ne le considérons pas et que nous ne tenons pas compte de ses besoins.

Cela signifie juste que nous lui posons un cadre avec des limites dans lequel il pourra évoluer de manière rassurante.

Sa manière de grandir et de se construire sera de vouloir tester les limites de ce cadre en essayant d’aller au-delà.

À nous, parents, d’agrandir le cadre au fur et à mesure que l’enfant grandit.

Un jour, notre enfant sera prêt à en sortir et il aura déjà exploré toutes les palettes de l’imperfection humaine par le biais de ses propres parents imparfaits mais pas pour autant malveillants.

Car franchement, c’est quoi ce délire de l’éducation bienveillante?

Cela signifie t-il que ceux qui ne la pratiquent pas sont malveillants pour ne pas dire maltraitants?

Et si remettre simplement le parent à sa place d’être humain avec ses failles, son vécu, ses aspirations et ses imperfections le rendait juste un parent parfait et bienveillant pour son enfant?

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Et si le parent imparfait était le parent parfait pour éduquer son enfant?


Être parent ne veut pas dire se transformer en un genre de robot prêt à recracher la dernière théorie sur l’éducation à la mode, juste pour avoir bonne conscience de faire les choses parfaitement.

D’ailleurs, faire tout à la perfection peut s’avérer très culpabilisant pour l’enfant lui-même. En effet, il aura un modèle biaisé de ce qu’est l’humain en général. Il n’arrivera jamais à atteindre ce degré de perfection. Il sera alors en perpétuel sentiment d’échec et de mauvaise estime de soi.

Nous avons toutes et tous nos failles, nos moments de moins bien et nos aspirations n’impliquant pas toujours nos enfants.

Hier, je regardais une vidéo sur un jeune couple de parents expliquant leur mode d’éducation avec leur enfant d’un an.

– « Nous sommes à l’écoute de ses moindres désirs mais on ne s’oublie pas pour autant. Un parent épanoui donne un enfant épanoui donc nous continuons à avoir nos activités en dehors de lui. »

Belle phrase sortie tout droit d’un énième bouquin apparemment…

Les exemples donnés pour illustrer leurs propos étaient les suivants:

«  J’adore cuisiner alors je cuisine avec le petit ».

« J’adore aller voir des matchs de foot, j’emmène le petit avec moi en écharpe de portage et c’est super! »

À quel moment tu as eu un moment pour toi, là? Aucun!

Le petit est passé au premier plan et n’est même plus l’égal de ses parents. Ils ne pratiquent plus aucun loisir sans lui, ils l’incluent dans tout. Sur le papier c’est magnifique mais à la longue, je ne crois pas du tout aux bienfaits de ce mode de fonctionnement.

Je pense au contraire que les parents doivent accepter l’idée que leur enfant n’est pas à inclure dans chaque mouvement de leur vie. Ils doivent garder à l’esprit qu’ils ont un devoir de responsabilité vis à vis de lui et pas un rôle de parent parfaitement parfait à jouer.

Il est fondamental de ne pas jouer un rôle face à nos enfants. Un jour ou l’autre, ils réaliseront que nous ne sommes pas parfaits. Ils ne vont pas comprendre à quel moment on leur a menti.

Car oui, jouer au parent parfait est un mensonge, donc une VEO.

Se montrer sans filtre, admettre que l’on fait des erreurs sans culpabiliser, donne ainsi l’exemple que l’on fait de notre mieux. Ce n’est pas grave de ne pas y arriver, l’essentiel étant d’essayer.

De même que, garder des moments pour soi, sans se justifier vis à vis de l’enfant, lui indique qu’il n’est pas toujours le centre du monde. Nous avons une vie en dehors de lui, donc qu’il peut avoir une vie en-dehors de nous.

À l’adolescence, cela prendra tout son sens car il aura sa petite vie secrète. Vie où nous n’aurons plus notre place sauf celle qu’il voudra bien nous donner.

Comment éduquer au mieux son enfant?

On fait comment alors pour éduquer au mieux son enfant?


Je pense qu’il n’y a pas d’éducation parfaite. On n’apprend pas à éduquer un enfant avec un mode d’emploi.

Adhérer à des principes, c’est très bien. Tout prendre au pied de la lettre est dangereux pour ne pas dire sectaire.

Un parent est par définition bienveillant dès lors qu’il fait de son mieux pour son enfant.

Ce n’est pas grave de crier parce que l’on pète un câble. Il faut juste savoir s’excuser si ces cris n’étaient pas forcément justifiés.
De même que pleurer devant son enfant n’est pas un drame: cela lui montre que nous aussi, parfois on n’y arrive plus.

Il n’y a pas une bonne manière d’agir ou de penser, donc d’éduquer son enfant. Il y a juste la manière qui nous semble juste à un moment donné.

Tout est une question de dosage, comme pour tout d’ailleurs. L’enfant s’adapte à nous et nous nous adaptons à lui. Ensemble nous apprenons à nous connaitre et à nous comprendre dans le respect mutuel.
Je respecte mes enfants mais ils doivent garder à l’esprit qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi, n’importe quand.

C’est cela la bienveillance, pas une liste de choses à faire ou à ne pas faire…

J’ai hâte de voir comment vont se comporter tous ses enfants cobayes sur les réseaux sociaux au moment de l’adolescence…

« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien. » – Socrate


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